…Le COVID 19 : dix neuvième jour de confinement

العرب تيفي9 أبريل 2020wait... مشاهدة
…Le COVID 19 :  dix neuvième jour de confinement
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Mohand Laenser
laancer 1 - العرب تيفي Al Arabe TVPour la plupart d’entre nous, le moyen de communication avec l’extérieur reste le portable et les média sociaux. Nos besoins, à acquérir à l’extérieur, nous sont apportés par du personnel de maison ou par des livreurs. Nous pouvons les payer sur nos économies ou nos comptes bancaires 
Et les autres ! nombreux… qui n’ont pas de smartphones, pas d’accès aux média parce qu’analphabètes ou en dehors de la couverture des réseaux… Ceux qui n’ont pas d’économies ni de compte bancaire… Ceux qui n’ont pas de livreurs à portée… Ceux qui ne peuvent aller au souk hebdomadaire (fermé !) pour s’approvisionner… Ceux qui n’ont plus d’espace pour vendre une chèvre, une brebis, une poule pour acheter l’indispensable….
Ce confinement que nous vivons, au-delà de l’égalité devant la maladie et le virus, au-delà de la vacuité de la richesse et des assurances en tout genre, ce confinement doit nous amener à remettre en cause nos certitudes comme nos doutes…
La crise du coronavirus est et sera épuisante pour notre pays au plan économique, social et sociétal. C’est, à l’exemple de ce que disent nos paysans, l’année prochaine que se feront ressentir les effets de la mauvaise récolte de l’année en cours (au propre comme au figuré). En effet, à la sortie de crise, que nous souhaitons pour bientôt, les problèmes de larges secteurs de l’économie se poseront avec encore plus d’acuité que maintenant, y compris d’ailleurs le secteur de l’agriculture.
Comme la crise est mondiale, il y a peu d’espoir à nourrir en ce qui concerne les aides internationales.
Les attentes et les besoins des citoyens, déjà importants avant la crise, pèseront très fort sur les gouvernants qui, eux, auront très peu de marge de manœuvre.
Continuer à nous comporter comme avant la crise serait désastreux pour le pays et pour ses élites. Il faut, dès à présent, se préparer à l’après crise et réviser profondément nos paradigmes.
Cependant, le risque est grand de retrouver nos habitudes, nos modes de pensée, nos approches des problèmes, nos discours
Cette crise, non voulue, non souhaitée, nous a tout de même apporté des enseignements intéressants 
1- Le peuple marocain n’est pas individualiste. Il sait se mobiliser face au danger et aux catastrophes. Il est capable de grands élans de cœur 
2- Les jeunes, dans leur grande majorité, ne sont pas désintéressés ni indisciplinés. Ils savent taire leurs velléités contestataires et venir au secours de leur prochain 
3- Nos cadres sanitaires sont merveilleux dans leur abnégation, leur don de soi et leur savoir-faire 
4- Nos forces de l’ordre, tous corps confondus, sont efficaces, humaines et dignes d’admiration 
5- Notre administration a fait preuve de diligence et de capacité d’adaptation 
6- Nous avons pu monter des hôpitaux en une semaine ;
7- Les institutions, les partis politiques, la société civile ont montré leur sens du dépassement des positionnements et leur mobilisation unanime face à la crise ;
8- Enfin, rien de tout cela n’aurait été possible, n’eut été la mobilisation de SM Le Roi et Ses initiatives.
Tous ces comportements nobles, désintéressés et humains sont porteurs d’espoir et augurent d’un après-crise moins douloureux qu’on pourrait le craindre.
Oui, une sortie de crise moins douloureuse, car la douleur, les contraintes, les privations seront là. Encore faudrait-il pour en adoucir les effets que nous opérions des changements importants dont nos façons d’agir.
a- D’abord et avant tout, tenir un langage de vérité et montrer une participation de tous à l’effort et aux sacrifices ;
b- Revoir entièrement nos priorités ; la crise a montré qu’elles sont au niveau de la santé, de l’enseignement, du monde rural, des télé services et des politiques sociales orientées vers les démunis et les exclus ;
c- Les partis politiques, les institutions et les corps constitués doivent œuvrer à rétablir la confiance, non en tenant le langage qui plait, mais en présentant les choses dans leur vérité et en montrant comment on peut, raisonnablement, nous en sortir ;
d- Le remplacement d’une gouvernance éloignée et mystérieuse par une gestion des besoins au plus près de ceux qui les ressentent ;
e- Lutter efficacement contre tous les gaspillages et dépravations ;
f- Enfin, loin de faire miroiter l’avènement d’une société égalitaire chimérique, viser une égalité des chances en toute transparence.
Certes, il faut songer à l’après crise et s’y préparer. C’est le rôle des politiques et des gouvernants. Mais ils ont aussi la lourde tâche de gérer le présent, car le présent ne se limite pas seulement au confinement et à son respect, volontaire ou forcé.
Le présent, ce sont ces millions de précaires qui ne peuvent plus assurer leur subsistance, faute de ces petits métiers de l’informel qui leur assurent le minimum vital. Ce sont ces petits agriculteurs et petits éleveurs qui n’ont plus de liquidités. Ce sont aussi ces millions de sans-emploi qui sont privés de maigres subsides qu’ils arrachaient à leur famille, déjà elle-même peu dotée. Certes, sur ordre de SM Le Roi, le gouvernement a mis en place des aides qui, même modestes, sont bien accueillies. Mais, il faut penser dans la durée parce que personne ne sait ce que durera la crise, d’une part, et, d’autre part, cette même crise a montré, à l’évidence, que le soutien et les filets sociaux sont une nécessité. S’il y a des réformes à entreprendre, en priorité, c’est bien sur le domaine social qu’elles doivent porter.
Autre sujet de préoccupation, c’est celui de l’enseignement. Certes, le Ministre en charge et les enseignants ont déployé des efforts louables pour donner aux élèves et étudiants la possibilité de ne pas tout perdre, du moins pour ceux qui ont la chance et la volonté de tirer profit de l’enseignement à distance. Beaucoup, hélas, surtout dans le monde rural, ne tireront pas profit du système mis en place. Il faut, d’ores et déjà, préparer les mesures propres à pérenniser et à généraliser ce système car il est clair qu’on y aura de plus en plus recours, même hors crise. Il est anormal qu’on ait encore des zones d’ombre dans la couverture nationale en internet au moment où les communes rurales françaises bénéficient du haut débit. Il est grand temps de savoir ce que finance la contribution des opérateurs au service universel.
La crise a également mis à nu le grand dénouement du secteur de la santé publique. Elle a également fait découvrir l’utilité de l’hôpital public. Dieu merci, le fonds spécial mis en place sur instructions de S.M. Le Roi permet de faire face à la pandémie et de compenser les manques criants dont souffrait la santé publique, humains comme matériels. La mobilisation doit continuer et l’effort doit être maintenu. C’est le moment de revoir la carte sanitaire et d’élaborer un cadre de gestion des ressources humaines à la hauteur des défis. Les hôpitaux de campagne, aussi utiles soient-ils, restent des établissements d’appoint et ne peuvent remplacer des infrastructures pérennes.
Cette crise a aussi montré que nous disposons d’une administration qui sait être efficace lorsqu’on lui fait confiance et qu’on arrête de la dénigrer. Elle a aussi mis sous un éclairage particulier la place des administrations locale et déconcentrée. Il faut arrêter de considérer ces administrations comme des sous administrations. Un cadre valable ne perd rien de sa valeur qu’il officie à Rabat ou à Ouarzazate ! Poursuivons dans la voie de la responsabilisation des cadres régionaux et locaux ; c’est cela la vraie réforme de l’administration.
Enfin, rendons-nous compte, comme nous l’a bien fait saisir la crise, du dénuement et du sous équipement du monde rural. Arrêtons les saupoudrages et les opérations de pompier et tournons-nous réellement vers le développement du monde rural qui est un réservoir d’opportunités et d’emplois. Ce qui est valable pour le monde rural l’est aussi pour les banlieues déshéritées peuplées justement par ces jeunes ruraux qui fuient la pauvreté et le manque d’opportunités. Jacques Chirac disait, déjà en 1995, parlant des banlieues françaises : « Il faut lancer immédiatement un plan national de reconquête de ces zones… en décidant d’y mettre en application des mesures dérogatoires au droit ordinaire. Parallèlement, il ne faut plus s’en tenir aux politiques d’accompagnement social mais imposer dans ces zones un traitement économique vigoureux… …L’incitation doit être forte : dérogations fiscales, exemptions de charges sociales, primes substantielles pour les agents de l’Etat… ». C’est la manière d’amener des investisseurs, des professions libérales, des cadres… à s’installer et à dynamiser nos espaces ruraux offrant aux ruraux les opportunités d’emploi que ne peut leur assurer une agriculture qui se modernise en même temps qu’elle réduit ses besoins en main d’œuvre.
Tout ce qui vient d’être dit ne peut être fait du jour au lendemain. Mais il faut y penser et le préparer, même et surtout, en temps de crise !
Écrit par mohand Laenser
المصدرchaine alarabetv
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